Retour à l’accueil du blogue

NOURRIR LA PLANÈTE GRÂCE À LA ROBOTIQUE

19 juillet 2018

NOURRIR LA PLANÈTE GRÂCE À LA ROBOTIQUE

Au cours des dernières décennies, le monde de l’agriculture a vécu de grandes transformations, se complexifiant et s’adaptant à un monde en constante évolution. Puisque la population mondiale devrait augmenter de plus d’un tiers et atteindre le cap des 9,7 milliards de personne d’ici 2050, la distribution et la disponibilité des aliments sont deux défis que nous devrons relever, tôt ou tard. De plus, la majeure partie de la croissance sera concentrée dans les pays émergents, comme le Brésil et l’Inde. L’économie de ces pays connaît un essor rapide et, à mesure que les revenus des ménages augmentent et que la classe moyenne s’agrandit, des niveaux de consommation supérieurs seront créés.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que, pour nourrir une population mondiale urbaine en plein essor, la production céréalière annuelle devra augmenter à trois milliards de tonnes métriques, tandis que la production de viande devra passer à 470 millions de tonnes métriques. Un défi de taille. Ainsi, les agriculteurs devront produire plus de nourriture avec moins de main-d’œuvre et des terres arables limitées. Le secteur agricole du 21siècle nécessite une gestion accrue des risques, dont les problèmes de main-d’œuvre, les problèmes environnementaux, la demande constante des consommateurs, l’agriculture commerciale, les exigences des organismes gouvernementaux, la circulation mondiale des marchandises, la salubrité alimentaire et l’hygiène, entre autres.

Comment les entreprises du secteur agricole peuvent-elles augmenter considérablement leur production tout en composant avec des ressources restreintes ? Les spécialistes de l’industrie évaluent plusieurs solutions pour gérer cette croissance sans précédent et ces facteurs imprévus, mais l’automatisation et la robotique sont en tête de liste. Pourquoi, et, surtout, comment ? Nos experts, Dave Ralph et Curt Davis de Prairie Engineering, expliquent les solutions visant une approche durable à long terme.


PRODUIRE DAVANTAGE AVEC MOINS

De nos jours, nourrir la population entière représente un défi sans précédent qui ne s’améliorera pas, à moins de modifier nos pratiques. Dans le passé, le régime alimentaire de pays en voie de développement était principalement constitué de riz et de légumes. Or, certains de ces pays connaissent une croissance économique importante (comme l’Inde, le Brésil et les pays du sud-est de l’Asie) et consomment et demandent davantage d’aliments à base de protéines ; il faudra donc plus de céréales pour nourrir le bétail. Actuellement, 48 % de la production de maïs sert uniquement à produire de la nourriture pour animaux ; ce pourcentage est encore plus élevé pour la production de soya.

Les experts en agriculture visent tous à créer des plants plus solides et capables de produire davantage de récoltes sur une superficie limitée. Avec l’aide de la biotechnologie, ils tentent de modifier la composition des semences aussi rapidement que possible, afin que celles-ci puissent survivre et se développer malgré des conditions difficiles. Le résultat ? Un produit fini plus couteux et surtout plus précieux. Il y a quinze ans, un sac de semences de maïs coûtait environ 65 dollars américains ; aujourd’hui, il coûte environ 400 dollars américains. « La semence étant un produit très prisé et maintenant beaucoup plus complexe, elle doit être manipulée à l’aide de nouvelles technologies. En protégeant un grain à la fois, l’équipement peut conserver la qualité et l’intégrité du produit. », expliquent Dave Ralph.

Les fournisseurs d’équipement industriel, en collaboration avec les agriculteurs, élaborent donc des solutions pour manipuler avec soin les semences et les graines en plus d’assurer une précision inégalée dans chaque sac. Ces technologies doivent s’intégrer dans un espace limité et réduire à un minimum les pertes de produit. La solution ? Des systèmes d’emballage automatisé et robotisé de pointe, capables d’optimiser la production sans compromettre la qualité des grains. Ceux-ci rendent possibles la production de semences bonifiées et la protection de récoltes contre les dommages matériels. Ces systèmes sont également tout indiqués pour les entreprises agricoles qui doivent augmenter leur production afin de répondre aux besoins grandissants de leurs clients.


AUTOMATISATION ET PRODUCTIVITÉ

Nombreux sont ceux qui perçoivent encore l’industrie agricole comme un secteur très traditionnel, mais en réalité, l’automatisation s’immisce dans ses processus depuis plusieurs années. Il est maintenant assez fréquent de voir des robots dans les champs, dans les opérations de conditionnement, ainsi que dans les lignes d’emballage.
Les nouvelles technologies permettent aux fabricants et aux producteurs d’augmenter leur production pour suivre le rythme de la demande incessante. Certaines entreprises ont déjà entièrement adopté cette tendance en installant des robots cueilleurs dans les champs et en automatisant entièrement les chaînes d’emballage, des systèmes de triage jusqu’aux équipements de sécurisation de charge.

Cependant, toute cette production accrue s’accompagne d’un autre défi pour les entreprises : la main-d’œuvre. Le manque de fiabilité de l’effectif, que ce soit dans les champs, les usines ou les fabriques, devient un problème de taille, surtout depuis que les milléniaux ont commencé à entrer sur le marché du travail. Les entreprises agricoles dépendent de cette main-d’œuvre instable, ce qui peut entraîner des irrégularités dans le taux de production d’une journée à l’autre. L’automatisation des processus et l’intégration de robots à la chaîne de production sont des moyens efficaces de s’adapter à une nouvelle génération de travailleurs, tout en rendant la production efficace. Technoseeds, une société brésilienne offrant des services d’emballage pour le marché des semences de maïs, a dû s’adapter pour être plus concurrentielle. Elle a donc ajouté des robots à ses chaînes de transformation et de production. « L’automatisation nous offre la souplesse, la capacité de produire à grande échelle, la normalisation et une qualité accrue », explique Lucas Lopes Lemos, gestionnaire de la production.

« Le profil du client dans l’industrie agricole est également totalement à l’opposé de ce qu’il était il y a 15 ans. Les entreprises s’agrandissent de plus en plus et les fermes familiales de longue date fusionnent, pour donner lieu au nouveau modèle de ferme commerciale » explique Curt Davis. Une grande partie de ces fermes ont fusionné : à l’échelle mondiale, le secteur agricole est passé d’environ 250 entreprises de taille moyenne à 10 à 15 entreprises de taille colossale. Les fusions ont eu comme effet général, au cours des deux dernières années, de déplacer une grande partie de la production des semences en Chine et en Europe centrale.


UNE SOLUTION INCONTESTABLE

En raison des coûts élevés, des faibles marges de profit et du contrôle limité sur le prix des récoltes, le seul moyen pour les agriculteurs de suivre le rythme est d’accroître leur efficacité. Lorsque les fermes ont grandi, les types emballages ont aussi évolué. Il y a quinze ans, 90 % des semences étaient ensachées dans des sacs en papier de 50 livres ou de 23 kilogrammes. Aujourd’hui, les entreprises tentent d’économiser en augmentant le format des contenants en vrac, pour qu’ils puissent contenir jusqu’à 2 000 livres ou 907 kilogrammes de semences.

Cette tactique entraîne d’autres problèmes, comme la question de savoir comment protéger les chargements et les produits, qui doivent souvent se déplacer sur 30 000 kilomètres dans différentes conditions et différents délais. À lui seul, ce facteur accélère la tendance vers l’automatisation dans les usines de production, car les chargements sont plus lourds et rendent la manipulation dangereuse, voire même pratiquement impossible pour les travailleurs. L’automatisation et la robotique sont essentielles pour assurer le bien-être de l’effectif et la santé économique du producteur.

La superficie des terrains n’est pas près d’augmenter, et le changement climatique perturbe les écosystèmes, ce qui complique davantage la culture des récoltes et l’élevage des animaux. En parallèle, nous consommons plus de nourriture que jamais auparavant, et dans un avenir relativement proche, nous devrons produire trois fois plus de nourriture qu’aujourd’hui. Le but de chaque acteur dans l’industrie agricole consiste à augmenter la production par unité de terre, tout en étant respectueux de l’environnement. En vue d’atteindre cet objectif, tous les acteurs concernés doivent suivre une stratégie à long terme qui consiste à investir dans l’équipement et les procédés nécessaires. Le modèle agricole du passé n’est plus durable. L’innovation et les nouvelles technologies offrent de plus en plus les outils nécessaires pour gérer les risques que les agriculteurs et les producteurs affrontent chaque jour.

Avec l’aide des robots et de l’automatisation, nous pourrons nourrir la planète.

Article suivant