Retour à l’accueil du blogue

FRANCE : UNE INSTITUTION AGROALIMENTAIRE ENRACINÉE

7 août 2018

FRANCE : UNE INSTITUTION AGROALIMENTAIRE ENRACINÉE

Avec une population qui atteindra 70 millions de personnes d’ici 2045, la France est le plus important marché de l’Union européenne, principalement pour les activités économiques agricoles et alimentaires. Ces secteurs sont, dans l’hexagone, concentrés dans la production de céréales brutes et transformées, telles que le blé et la farine, mais aussi dans l’industrie animalière avec, notamment, le lait et ses produits dérivés. Par contre, les dernières années ont pu sembler plus difficiles en occasions d’affaires, que ce soit suite à des événements d’ordre environnementaux, biologiques ou encore politiques. Où en sont les Français en 2018 ?


UN REPOSITIONNEMENT NÉCESSAIRE

Les États généraux de l’alimentation ont réuni tous les actants de la filière alimentaire pendant 5 mois en 2017. Cette consultation a permis d’évaluer en profondeur le système mis en place et les conjonctures qui en résultent. Ce grand questionnement permettra aux producteurs français, entre autres, de se repositionner de manière stratégique dans un marché national et international en changement.

En France, les périodes d’investissements de différents joueurs des industries de l’agriculture auraient tendance à précéder les cycles de production revitalisée. Ces périodes de taux d’investissement accru furent de 1949 à 1959, puis de 1960 à 1977 et enfin de 1978 à 1997. Il n’y a pas eu d’investissement massif comparable de la part du secteur industriel agricole depuis. Évidemment, en 2018, les technologies sont maintenant bien différentes d’il y a 20 ans ; nous n’avons qu’à regarder les progrès en automatisation et en robotique pour nous en convaincre. Nous sommes donc dans une nouvelle période qui sera marquée par des investissements importants des industriels français.


UN CONTEXTE DE TRANSPARENCE

Il y a aussi un désir du consommateur de règles mieux définies et d’exigences plus strictes envers la ligne de transformation d’un produit, ainsi qu’une quête de traçabilité de ses éléments constitutifs. Ce besoin de transparence de l’acheteur est abordé par le gouvernement avec un intérêt accru pour l’épidémiosurveillance, dans le but de réduire au maximum les crises sanitaires provenant de produits destinés à l’alimentation. Une hygiène approfondie n’est pas une option, mais une nécessité. Dans ce contexte, un leader se doit de se prévaloir d’une ligne conforme aux attentes de qualité d’une usine de production dorénavant exigée par tout environnement qui manipule des aliments.


LE BLÉ FRANÇAIS : NOUVEAU PARADIGME

Le blé est la production agricole la plus importante en France. Elle bénéficie, en plus d’un grand bassin intérieur de consommateurs, de 6 % du marché mondial et se classe ainsi cinquième dans les pays producteurs exportateurs de cette céréale. Les producteurs français ont l’avantage de pouvoir évoluer sur une base construite grâce à la réputation et la tradition de haute qualité du grain de blé français, ainsi que de la farine, de la boulangerie et de la panification qui s’en suit. 

On remarque, d’année en année, une augmentation de la surface d’exploitation et une concentration de la production, ce qui entraîne une homogénéité des cultures de céréales. Le secteur du blé transformé, comme la production de farine, de boulangerie et de pâtes progresse graduellement à chaque période de production. Par contre, il y a une diminution annuelle constante de la main d’œuvre. Avec l’augmentation rapide de la population mondiale, l’accroissement du taux d’urbanisation et le développement économique de marchés émergents qui ne sont pas favorables à la culture du blé, d’un point de vue géoclimatique, les prévisions de la demande sont optimistes.

Le blé est, à l’heure actuelle, consommé par plus de 3 milliards d’individus ; les possibilités sont donc accessibles, pourvu que les producteurs puissent s’inscrire dans une démarche compétitive agressive. « Avant, nous étions à une cadence de 5 tonnes à l’heure, et nous voulions passer à une cadence double, de 10 tonnes à l’heure, avec une possibilité d’évolution pour plus tard », explique Marc Peterschmitt des Moulins Peterschmitt. Pour rester compétitifs dans les marchés qui, eux, deviendront de plus en plus concurrentiels, la stratégie gagnante est de se pourvoir d’équipements performants dans la ligne de production.

Photo by Agence Producteurs Locaux Damien Kühn on Unsplash


LA FRANCE, TERRE DE LAIT

Après la fin des quotas laitiers des États membres de l’Union européenne en 2015, la crise mondiale du lait et les problématiques de contamination (comme celle de la mélamine en Chine ou, plus récemment, celle de la salmonelle), la France peut enfin être en mesure de tirer son épingle du jeu. Une manière efficace de se mettre à l’abri d’une crise potentielle, comprise à la suite des leçons tirées lors de ces dernières crises, est de s’assurer de la qualité de son produit et d’avoir des équipements qui répondent aux critères d’hygiènes les plus strictes avec une sécurité sanitaire draconienne. « On est dans l’alimentaire, on est dans la nutrition pour bébé : l’aspect hygiène, entre autres, est capital chez nous. Donc, dans les critères de sélection d’équipement qu’on avait donné, c’était l’absence de corps creux » précise François Musellec, directeur des projets industriels, lorsqu’il s’exprime sur le réalignement de Synutra en Bretagne. Quand on produit de la poudre de lait infantile, ou tout autre produit destiné à la consommation humaine, il est primordial de se procurer de l’équipement qui a été spécialement conçu en fonction des règles d’hygiènes sévères.

Un autre défi de la filière laitière est le coût du produit et les répercussions financières d’une quelconque perte. Il est donc important de se doter d’une ligne de production qui, en plus de ne pas compromettre la salubrité du produit, complètera le dosage requis avec précision. Que ce soit des emballages de 5 ou de 25 kilos, la quantité de produits ensachée doit correspondre exactement aux exigences, tout en diminuant les pertes volatiles qui peuvent aussi être désastreuses. Ces précautions sont facilement applicables avec, par exemple, un principe de remplissage à vis du fond vers le haut du sac, avec 2 stations de dosage, et avec des équipements dont la conception minimise le gaspillage.


Enfin, l’industrie des céréales profite du commerce interne français, et celle du lait et de ses dérivés opère avec la demande internationale. Il est dorénavant important que chacune de ces activités économiques puisse agir sur les marchés qui leur semblent moins conventionnels pour saisir toutes les opportunités d’affaires possibles. Un nouvel enjeu majeur du secteur agricole est la difficulté de trouver de la main-d’œuvre. En actualisant les lignes de production par l’automatisation, le producteur peut ainsi se permettre de redistribuer ses travailleurs efficacement. Aussi, grâce à la robotisation, les conditions de travail et la sécurité de ce personnel se retrouvent grandement améliorées. Les principaux défis sur lesquels s’activer sont, d’abord, d’augmenter la production et, par le fait même, le rendement sur investissement, être à la fine pointe de la technologie dans les infrastructures physiques et virtuelles (comme les systèmes d’inspections automatisés et la robotisation) pour faire face à la concurrence dans ce nouveau contexte que connaît la France d’aujourd’hui.

 

EN BREF :

  • Le marché agricole français en 3 points :
    • Traditions
    • Défis de mondialisation
    • Vitalité des territoires

  • Les ressources supplémentaires pour énergiser les marchés émergents, comme la production biologique, sont en demande

  • Le développement de la performance des systèmes de production et de la gestion des risques (sanitaires, économiques…) est en plein essor

Article suivant