Retour à l’accueil du blogue

LES MILLÉNIAUX ET LA MAIN-D’ŒUVRE MANUFACTURIÈRE

14 avril 2017

LES MILLÉNIAUX ET LA MAIN-D’ŒUVRE MANUFACTURIÈRE

Vous avez certainement entendu parler des milléniaux. Mais qui sont-ils? Les milléniaux appartiennent à la génération du millénaire, qui a suivi la génération X. Nés entre le début des années 1980 et le début des années 2000, ils s’apprêtent à transformer le secteur manufacturier. En effet, les milléniaux représenteront d’ici quelques années la majorité de la main-d’œuvre manufacturière. Pourquoi? Parce qu’il y aura des départs à la retraite massifs : 80 % des travailleurs manufacturiers sont des baby-boomers de 45 à 65 ans. Aux États-Unis seulement, 10 000 baby-boomers prennent leur retraite chaque jour.

Est-ce une menace? Non; c’est même une belle occasion. Avec l’arrivée d’innovations comme la robotique de pointe et l’automatisation croissante des chaînes de production, les fabricants gagnent à engager des milléniaux, très à l’aise avec la technologie. Ces jeunes dans la vingtaine et la trentaine ont littéralement grandi avec la technologie. Résultat, ils s’adaptent facilement à l’évolution rapide des outils.

Il n’est donc pas étonnant que les milléniaux recherchent des emplois manufacturiers comportant un volet techno. Dans une usine, ils préfèrent contrôler un robot servocommandé plutôt qu’effectuer une tâche répétitive comme poser des sacs sur la bouche d’une ensacheuse manuelle. Les entreprises qui veulent pourvoir leurs postes manufacturiers – certains chercheurs prédisent qu’il y aura 2 millions de postes vacants d’ici 2025 – doivent donc réfléchir aux façons d’attirer les milléniaux. L’une des options qui s’offrent à elles consiste à robotiser et à automatiser leurs chaînes de production. Si la vague imminente de départs à la retraite des baby-boomers semble alarmante aujourd’hui, il faut plutôt la voir comme une occasion pour les fabricants de s’intéresser aux avantages de l’automatisation.

Robotiser et automatiser votre production constitue probablement la meilleure façon de profiter du virage démographique vers la « génération des écrans ». Ce n’est pas sorcier : l’automatisation crée de nouveaux postes à valeur ajoutée plus attirants pour les milléniaux, qui recherchent des emplois en génie, en technologie et en robotique. Les entreprises désireuses de se prémunir contre la pénurie imminente de travailleurs d’usine ont donc tout intérêt à investir dans des robots et à engager des milléniaux qui pourront les faire fonctionner.

Ce phénomène ne touche pas que les États-Unis. Certaines puissances manufacturières – dont la Chine, l’Inde, la Thaïlande et le Brésil – commencent elles aussi à ressentir les effets de la présence des milléniaux. Des milliers d’entreprises partout dans le monde, aux prises avec la même situation, essaient donc d’entrer dans l’ère de l’automatisation. Si certaines voyaient d’abord la robotique d’un mauvais œil, les changements démographiques les obligent à automatiser leurs activités.

Depuis un an, beaucoup d’études montrent que les emplois manufacturiers n’attirent pas vraiment les milléniaux. La raison est fort simple : les milléniaux ne voient pas le secteur manufacturier comme un milieu à la fine pointe de la technologie. Ils s’imaginent des usines sales et des tâches répétitives, exigeantes physiquement. Mais grâce à l’automatisation grandissante des usines manufacturières, une panoplie d’emplois en génie, en robotique, en technologie, en recherche et développement et en informatique s’offrira aux milléniaux à court et à long terme. Au sommet de la liste des grands catalyseurs de changement trône l’Internet industriel des objets (IIoT), qui amène les industries et les usines à recourir aux données et aux technologies pour produire de façon plus efficiente.

Par ailleurs, le secteur manufacturier mondial a pris beaucoup d’expansion ces 10 dernières années. Le secteur évolue rapidement sous l’influence de nombreux facteurs. Résultat, les fabricants doivent s’ajuster constamment. Cette croissance majeure crée d’importants besoins de main-d’œuvre : il faut plus de travailleurs chevronnés et qualifiés capables de contribuer à cette croissance et de répondre à la demande. Or depuis la récession américaine d’il y a quelques années, le secteur manufacturier présente l’un des plus gros écarts entre les compétences des travailleurs et les besoins réels des employeurs.

Les entreprises manufacturières sont-elles prêtes à faire face à un manque de compétences et à un virage démographique par-dessus le marché? Si certaines ont déjà prévu le coup, 65 % des fabricants n’ont aucun plan pour remplacer les baby-boomers qui prendront leur retraite. Certains voient les avancées technologiques comme des voleurs d’emplois. Or c’est tout le contraire : en automatisant les tâches dangereuses et répétitives, les entreprises offrent des emplois qui n’impliquent pas que du travail physique. Les travailleurs peuvent ainsi acquérir des compétences diversifiées dans d’autres domaines. Autrement dit, les robots font le sale boulot pour que les employés puissent se consacrer à des tâches plus stimulantes.

Évidemment, les travailleurs manufacturiers ne peuvent apprendre du jour au lendemain à faire fonctionner un robot : il faut les former. Comme l’indique le Manufacturing Institute, les fabricants doivent en faire plus pour développer leur bassin de talents. Ils ne peuvent plus se permettre d’attendre que la main-d’œuvre qualifiée vienne à eux. Ils doivent commencer à former la prochaine génération de travailleurs manufacturiers dès maintenant.

En mutation constante, le secteur manufacturier est plein de promesses. Chaque génération, chaque décennie amène son lot de défis. La transformation de la main-d’œuvre en amènera d’autres, que les entreprises devront surmonter rapidement pour maintenir leur position dans le secteur. À long terme, l’automatisation des usines se traduira par une collaboration entre humains et machines, sans que les machines remplacent les humains. Elle créera par ailleurs des emplois stimulants et créatifs; les employés seront plus motivés, en meilleure santé et plus satisfaits professionnellement.

Article suivant